Les sites d’achats groupés : Comment en profiter

Achats groupés

Bienvenue dans la jungle de l’achat groupé sur Internet?! Apparus depuis un peu plus d’un an, une trentaine de sites proposent d’acheter tout et n’importe quoi à prix cassés – un dîner thaï, une séance chez le coiffeur, un cours de salsa – chez des professionnels de votre ville. Ces intermédiaires, tous présents à Paris mais aussi dans un nombre croissant de villes, négocient des rabais de 40 à 90%, puis proposent en ligne le service bradé pour une courte durée, de vingt-quatre heures à quelques jours.

Si un nombre suffisant d’internautes (en général, il en faut une centaine) manifestent leur intérêt, le «deal» est conclu. Une idée simple grâce à laquelle le leader américain Groupon (pour «groupe» et «coupon») a conquis 70 millions d’adhérents dans le monde, dont 8 millions de Français et a réalisé 536 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010. Et ce succès inspire jusqu’à Facebook, qui a déjà lancé son propre système, Facebook Deals, dans cinq grandes villes des États-Unis.

Sur le papier, tout le monde y gagne?: l’acheteur fait des économies, le commerçant élargit sa clientèle. En pratique, comme le prouve notre test des principaux acteurs, mieux vaut être averti pour bien profiter de cette nouvelle façon d’acheter. Le mode d’emploi n’est pas sorcier. L’inscription, obligatoire pour accéder aux offres, est gratuite et rapide. Une fois enregistré, on reçoit chaque matin une présentation du «deal du jour».

Un clic suffit pour s’ajouter à la liste des personnes intéressées. Si l’offre est déjà «validée», c’est-à-dire si le nombre requis d’internautes est atteint, on est assuré de recevoir son coupon, par courriel ou directement à partir de la rubrique «mon compte», selon les sites. Si, à l’inverse, le quota n’est pas encore atteint, on ne risque rien à se dire intéressé, dans l’espoir que d’autres acheteurs se manifestent dans le temps restant?: la transaction ne devient effective qu’au moment où il y a assez de candidats. Si la vente échoue faute d’amateurs, la Carte bleue n’est pas débitée.

Cependant, avant de payer, vérifiez la durée de validité du bon. En général comprise entre trois et six mois, elle peut être plus courte. Soyez donc sûr de pouvoir bénéficier de la prestation achetée dans le délai imparti. C’est d’autant plus important que, lorsqu’un deal attire les foules, il faut parfois prendre son mal en patience avant d’en profiter, comme nous l’avons vu avec notre massage en duo sur Groupon. Dommage de se casser le nez quand on vient d’acheter un brunch en espérant le déguster le week-end prochain… Mais les habitués ont trouvé la -parade?: il suffit de réserver sans attendre son coupon?! En téléphonant au commerçant dès que le deal est validé, même si la vente n’est pas terminée, vous augmenterez vos chances d’obtenir la date souhaitée.

Nos tests ont aussi montré que peu de grandes enseignes recouraient à cette nouvelle forme de distribution. Afflelou, Gap ou la Fnac craignent d’écorner leur image en bradant, si bien que les deals concernent surtout des commerçants de quartier dont les offres n’ont pas toujours grand intérêt, même si tous les sites jurent pratiquer une sélection drastique. Gare aussi aux clauses qui peuvent transformer une bonne affaire en arnaque, telles celles qui imposent un minimum d’achat pour bénéficier de la ristourne ou qui, dans les restaurants, n’incluent pas les boissons dans le menu proposé à prix cassé.

Préférez donc les commerçants que vous connaissez, ou au moins ceux dont la réputation est établie. Pour eux, l’achat groupé peut être à double tranchant?: les clients l’ignorent, mais les sites prennent jusqu’à 50% de commission au professionnel partenaire (si vous payez 40 euros au lieu de 120, il ne touche que 20 euros). Une boutique de design belge a dû fermer après que Groupon a écoulé un millier de coupons permettant de dépenser jusqu’à 500 euros dans le magasin.

Dernier constat?: si vous avez manqué une bonne affaire, attendez-vous à la retrouver bientôt, sur le même site ou chez un concurrent, car leurs commerciaux se livrent une guerre féroce, sans se gêner pour démarcher les mêmes enseignes.

 

France 2 – Émission Envoyé Spécial : Le boum des achats groupés