Tendances 2012 et nouvelles idées business qui cartonnent aux USA

Nouvelles idee tendances business cartonnent USA en 2012Les tendances, c’est comme les armes, Il y a les lourdes, à l’impact fort et durable, et les légères, qui ont une portée plus visible et immédiate. Celles qui touchent à la création de business et qui nous viennent des États-Unis ont ceci en commun qu’elles se déclinent autour d’un nouvel acronyme: le SoLoMo, comprenez » social, mobile, local ». Un tiercé gagnant qui permettrait aux entreprises de concilier commerce et nouvelles technologies.« Les consommateurs ont de plus en plus besoin de fluidité, de transparence et de simplicité, analyse Darnon Crepin-Burr, directeur de création et associé du groupe FullSix à New-York. Plus les technologies évoluent, plus on revient aux bases du commerce. »

La part belle au P to P

C’est l’occasion pour les entreprises de reprendre un peu de hauteur et de se redemander si leur produit est bon ou si leur service fonctionne bien. Car le client, toujours aussi funambule et en quête de bons plans, attend des offres claires et honnêtes, exige de pouvoir comparer et s’appuie sur les avis des autres consommateurs issus de son graphe social avant de passer à l’acte. Le tout en quelques tapotements du doigt sur son smartphone, Résultat, les business qui donnent l’avantage aux réseaux sociaux, à la proximité et à la mobilité ont le vent en poupe.Ainsi, la renaissance du commerce de proximité a-t-elle été boostée par des applis mobiles comme celles directement inspirées d’OpenTable, qui permet de dégoter une table dans la jungle des restaurants new-yorkais. A noter aussi, le développement du recession shopping, qui permet de fidéliser le consommateur en lui rachetant un produit plus ancien pour mieux lui en vendre un autre. Soulignons enfin l’attrait toujours aussi marqué pour les boutiques éphémères qui font la part belle aux séries limitées et autres offres sur mesure. En parallèle de cette vague de « re-commerce », on voit se développer de nombreuses initiatives dans le domaine du P to P (particulier à particulier), tels FriendsClear ou Prêt d’union, deux start-up françaises qui, en s’inspirant des Angle-Saxons Prosper et Zopa, mettent à l’honneur le financement participatif à travers le crédit entre particuliers sur internet.
Mais cette influence d’outre-Atlantique rencontre aussi des freins.« Une des barrières à l’e-commerce en France réside dans la qualité des livraisons, note Damon Crepin-Burr, C’est d’abord un bête problème d’infrastructure car, en France à la différence des États-Unis, les immeubles ne bénéficient pas de boîtes aux lettres suffisamment spacieuses pour recevoir des colis. »

Par ailleurs, rares sont les entreprises qui offrent sur internet la gratuité de la livraison mais aussi des frais de retour encas de non-satisfaction. Une pratique dite dufree shippinç bath ways, devenue extrêmement courante aux USA et qui, en renforçant la confiance du consommateur, favorise fortement l’achat en ligne. Comme une bonne tendance.

  • RE-COMMERCE : Échanger, revendre, racheter … 

A l’ère du recession shopping et du retour en magasin, les idées ne manquent pas pour doper le commerce.
AVANT MÊME d’acheter un produit, les consommateurs ont de plus en plus tendance à en estimer la valeur de revente. Ce qui était vrai pour la voiture l’est aussi aujourd’hui pour les biens de consommation courante, des fringues au smartphone en passant par les jeux vidéo. Ce type de commerce de particulier à particulier (P to P), qui a fait les riches heures d’un eBay, d’un Amazon et plus récemment d’un Gazelle.com, s’étend aux enseignes physiques. Walmart, RadioShack, Target: tous les grands noms de la distribution jouent la carte du recession shopping en mettant sur pied des programmes de reprise de produits. En France, Décathlon organise depuis des années son Trocathlon, une opération de reprise d’équipements en échange de bons de réduction. Les commerçants ont trouvé là un nouveau moyen de fidéliser les clients: ils leur donnent l’opportunité de faire des économies tout en les incitant à acheter plus. Et cela marche.

Côté vêtements, la marque française Al’C a lancé une gamme de jeans fabriqués à partir des pantalons que les clients rapportaient en échange d’une réduction sur l’achat suivant, Le site Videdressing.com surfe à fond sur cette vague du trade in to trade up (« de la reprise à l’échange »). « L’idée m’est venue lorsque j’ai cherché un moyen de vendre les vêtements et accessoires que je n’utilisais plus », rappelle Meryl Job, la fondatrice de la plate-forme de revente qui draine quelque 300 000 euros de transactions mensuelles.

Suivant les exemples d’AT&T ou de Verizon aux USA, les opérateurs français comme SFR, Orange ou Virgin Mobile multiplient les opérations de reprise de téléphones usagés. L’Argusdumobile.com, qui permet de connaître la cote d’un mobile et de comparer les offres de reprise, est né dans ce contexte. « Le marché de l’occasion n’est pas encore très mûr en France, constate François-Xavier Goudemand, co-fondateur d’Afone, un MVNO (opérateur de réseau mobile virtuel) de SFR. Les consommateurs sont pour l’instant plus prêts à vendre qu’à acheter. » Mais les comportements évoluent et Afone prévoit d’ ouvrir ses offres de recyclage de mobiles sur le marché prometteur des flottes d’entreprise.

Signe des temps, les marques utilisent de plus en plus le web comme moyen de mieux identifier les attentes et comportements d’achat de leurs clients. Celles qui ont déjà des boutiques en dur s’en servent alors comme d’un point de distribution pour les e-acheteurs, Les autres doivent jongler entre contrainte logistique et prix du mètre carré. Le fabricant Parrot a opté pour une approche plus expérimentale en ouvrant depuis un mois deux pop-up stores (boutiques éphémères) au cœur du Paris chic. « Nos produits ont un positionnement original et nous voulions mieux comprendre le comportement d’achat de nos clients », rappelle Henri Seydoux, le fondateur de Parrot. Une occasion aussi de faire vivre la marque avant les fêtes de Noël en créant un mini-événement, Cette idée lui est venue lorsqu’en demandant à son ado de fils ce qu’il avait fait de sa première journée à New York, celui-ci lui a répondu: «Je suis allé à l’Apple Store.» Initié par des ténors comme Nike ou Apple, ce principe du concept store peut se décliner avec des marques moins visibles. L’occasion alors de vendre des produits en exclusivité, de monter des partenariats événementiels, de faire des promos ponctuelles ou de créer de la rareté.

  • FAIR BUSINESS : Un achat, une bonne action

En France, on fait soit du business, soit du social. Aux États-Unis, on n’hésite pas à marier les deux! Avec succès …
«NOUS NOUS INSPIRONS de Toms Shoes pour le « Buy One Give One » (B1G1) et de Zappos pour l’excellence du service client.» Antonin Chartier, 26 ans et Sacha Bostoni, 23 ans, ne cachent pas ce que doit aux sites d’e-commerce américains leur jeune startup d’optique en ligne. Jimmy Fairly, lancée en mai 2011, propose, pour chaque paire de lunettes achetée, d’en offrir une à une personne dans le besoin via des associations humanitaires. Le duo s’est inspiré de sites d’optique orientés fair business comme WarbyParker ou Bonlook.com. La leçon tirée de Zappos, le site de vente de chaussures en ligne? « Gâter le client, expliquent les jeunes créateurs. Nous avons fait un gros travail sur le packaging. Nous envoyons aussi une petite lettre de remerciement, une carte expliquant le fonctionnement du Buy One Give one. Nous proposons d’essayer gratuitement quatre montures.» Ils confessent admirer les réussites américaines et regrettent un peu le manque d’ambitions des entrepreneurs français. « En France, un type de 25 ans qui veut changer le monde, on lui rit au nez. Aux USA, le créateur de Facebook force le respect.» Le tandem veut développer très vite Jimmy Fairly en Europe, A l’américaine ? » On a de grandes ambitions … », confie Antonin.

  • SOCIAL GAMING : Vodkaster, la voie des films

Réseaux sociaux et social gaming font bon ménage lorsqu’il s’agit de doper le trafic d’un site. Reste ensuite à monétiser son audience avec des marques partenaires.
«IL NE SERT À RIEN de copier les modèles, il faut juste s’en inspirer. » lm Pour Cyril Barthet, l’un des trois fondateurs de Vodkaster.com, l’impulsion est venue à la fois d’Asie et des États-Unis. Lancé en 2009, son site internet constitue aujourd’hui la première base d’extraits de films au monde puisqu’il met à disposition près de 20 000 vidéos accessibles en streaming.

«Si les sites asiatiques consacrés au cinéma sont très en avance, ils ne sont pas transposables pour les consommateurs européens », constate ce passionné de ciné, lunettes à la McQueen et sourire à la Errol Flynn. Et comme, à 36 ans, il aime bien aussi l’argent, c’est plutôt dans les paradigmes américains que le président de Vodkaster a trouvé son inspiration. Après avoir levé 1 million d’euros auprès de funds publics (Oséo via la Recherche et innovation en audiovisuel et multimédia – RIAM) et de fonds privés, le site a très vite évolué vers son statut actuel de « réseau social de référence des amateurs de cinéma », Directement inspirée du modèle de Flixster aux USA (rachetée par Warner Bros en mai 2011), la TPE française (l0 personnes) a également utilisé Facebook comme rampe de lancement pour doper son trafic. « Après avoir analysé durant un an l’audience du site, on s’est mis à développer de nouvelles couches », rappelle Cyril Barthet. Éditoriales d’abord, avec des analyses d’extraits de films.

Des quiz sur Facebook
« En parallèle, nous nous sommes consacrés au développement de jeux, principalement sous la forme de quiz. »
Le MovieQuiz, un blind test cinéma tout en vidéo que l’on peut personnaliser avec les thèmes de son choix, a déjà généré plus d’un million de parties en ligne. Et, bien sûr, on peut jouer à ce quiz directement dans Facebook. L’occasion de récolter des données précieuses sur les profils des utilisateurs et de constituer de solides bases de données. Même si Cyril Barthet se défend de les exploiter … pour l’instant.

Après Facebook, c’est très vite au tour de Twitter de faire son entrée dans le réseau social du cinéma Un canal qui permet de gonfler encore l’audience du site. « Avec 55000 followers, nous sommes le compte Twitter dédié au cinéma le plus suivi en France », affirme le fondateur de Vodkaster.com, qui se rêve déjà comme un média à part entière.

« Pendant une année, on a observé ce qui se disait via Twitter sur le cinéma, précise Cyril Barthet. A partir de cette compilation, on a lancé un module de micro critiques sur le site permettant à chaque membre de publier son avis sur un film en moins de 140 caractères. »

Un enrichissement B to B
Une jolie occasion de faire bosser les cinéphil es de la Toile et de monétiser leurs commentaires il peu de frais. Devenu expert en conversations sur le cinéma, Vodkaster.com passe maintenant il la phase suivante, celle de la curation sur Twitter en temps réel. Autrement dit, le si te filtre les tweets de cinéma qui sont envoyés ensuite en temps réel aux chaînes de télévision lors d’un festival. « Un véritable travail d’éditeur», se félicite Cyril Barthet.

Mais c’est côté B toB que le site génère du chiffre d’affaires (500 000 euros en 2011). Pour l’instant, les opérations démarrent mais déjà des sociétés comme Nikon font appel au savoir-faire de Vodkaster.com pour concevoir et développer en marque blanche toute la machine web de son festival de courts-métrages Je suis l’avenir, qui serac1ôturé le 15 janvier 2012. En clin d’œil aux 140 caractères des tweets, ici chacun peut publier des vidéos en HD de 140 secondes au maximum. «Avec le cinéma, dès que l’on bénéficie d’une certaine audience, cela devient très facile de la valoriser », sourit Cyril Barthel.

De la même manière que la gigantesque base de données de films IMDB.com a été rachetée par Amazon aux États-Unis, Cyril Barthet rêverait pour ses 40 ans de se faire racheter Par la Fnac?

  • RECOMMANDATION : L’avis avant tout

La recommandation reste un levier très important sur le Net.
CONTRACTEZ LES MOTS anglais quality et hype et vous obtenez le nom du leader européen des sites d’avis locaux. Lancé en Allemagne il y a bientôt six ans, Qype fédère chaque mois quelque 22 millions de visiteurs uniques dont l million via leur smartphone. Au total, ce sont 2 millions d’avis et de recommandations qui sont échangés sur le site. « Une personne appréciant particulièrement un certain type de bars à Londres peut recevoir des recommandations pour ce même type de bars à Paris, Hambourg ou Buenos Aires », indique Ian Brotherston, le président de Qype.

Avant lui, le désormais célébrissime Yelp commençait déjà à se faire les dents sur la côte Ouest des États-Unis, où il a vu le jour en 2004. Cette longue filiation a donné le jour à Nomao, le premier moteur de recherches géolocalisées en France. « Nous intégrons les recommandations des utilisateurs autour des infos locales pour alimenter les recherches, précise Frédéric Montagnon, le co-fondateur de Nomao. Un an après le lancement de notre moteur en 2007, nous sommes allés dans la Silicon Valley et nous avons compris que nous avions mal positionné notre moteur. Là bas, ils sont très en avance de phase, ce qui nous a évite de nous planter. »

Résultat, Nomao a ajouté les avis et les recommandations des consommateurs à ses données. Celles-ci étant de plus en plus localisées et localisables, les smartphones dotés de GPS viennent à leur tour renforcer la pertinence des avis.« La recommandation est devenue une donnée essentielle du Net », analyse Frédéric Montagnon. Au final, sont référencés plus de 4 millions de lieux en France (20 millions dans le monde) et plus de 6 millions de visiteurs uniques. Une audience à laquelle s’ajoute maintenant celle des applications (iPhone et Android) pour mobiles.

  • OPEN DATA : État, ouvre-toi!

Les données publiques sont enfin accessibles en ligne.
ETALAB VIENT D’OUVRIR le portail data.gouv.fr, suivant ainsi le modèle américain. « Plusieurs collectivités (Rennes, Paris) ont déjà inauguré leurs sites de données ouvertes dans un objectif de transparence, d’implication des citoyens et de développement économique », rappelle Martin Duval, président de Bluenove, une société de services d’open innovation.

C’est ainsi que Benjamin Suchar s’est inspiré des concours d’applications initiés à partir de leurs données ouvertes par les villes de Washington (Apps for democracy) et de New York (New York City Big Apps5) pour lancer son appli CheckMyMetro. Au menu, coups de gueule, anecdotes mais aussi incidents de parcours et cartes interactives.

De quoi irriter la RATP, qui a exigé d’Apple la suppression de l’appli au titre de la propriété industrielle, « L’Open Data pâtit de freins culturels et est compliqué à mettre en œuvre »,regrette le jeune fondateur qui espère développer à terme des jeux mobiles permettant de gagner des bons de réduction dans les commerces voisins et de créer des interactions avec les publicités des marques qui s’affichent dans le métro. Un peu à la manière des Pages jaunes au Canada, qui ont appliqué le principe de l’affiliation en libérant leurs bases de données.