Comment financer un projet

Méthodes de financement d'un projet ou entreprseL’argent est le nerf de la guerre, tout le monde connaît le proverbe et ne doute pas de sa signification. En effet, si l’argent n’est pas tout, il est clairement un élément essentiel dans notre vie personnelle et professionnelle, surtout quand il s’agit de se mettre à son compte. Pour se lancer dans lia création d’entreprise, ou pour développer celle-ci, l’argent est nécessaire … et parfois, bien difficile à trouver. Des solutions existent pourtant, encore faut-il passer du temps pour parvenir à ses buts.

Examinons ensemble 10 possibilités de financement pour les créateurs/repreneurs :

1 – L’apport personnel

Lorsque la décision de l’indépendance est prise et qu’il faut faire on plan de financement, le premier réflexe est de se pencher sur l’argent que l’on est susceptible de rassembler L’épargne personnelle bien entendu est le premier pas, mais pas seulement. Elle est aussi la preuve de rengagement et de la motivation de l’entrepreneur. Cela signifie également que si famille il y a, elle participe également au projet.

Certains auront déjà prévu un Livret Épargne Entreprise. Ouvert au moins pendant deux ans et maximum cinq ans, plafonné à 45 800 euros, il permet de servir de base afin de contracter un prêt plus important. Malheureusement, cet outil de financement est peu connu, car les banques ne le mettent pas en avant, certaines ont même cessé de le commercialiser. Sa rémunération est de 1,25% net depuis le 1er aout 2010.

L’apport personnel inclut également l’argent qui peut être prêté par la famille, voire des amis. Cela peut se faire assez simplement, via une simple reconnaissance de dette. Sinon le investisseurs peuvent aussi devenir des actionnaires et être porteur de parts auquel cas cela apparaît dam les statuts.

2 – L’emprunt bancaire

Les organismes de crédit interviennent pour les prêts à moyen-long terme. Ils sont généralement très frileux et prennent des précautions pour les accords. Si le, relations sont bonnes, elles accordent un prêt d’un montant identique à la mise du créateur.

Pour ce qui est des fonds de commerce, le prêt peut aller jusqu’à 70% de l’estimation du bien. En revanche. il est très compliqué de se faire prêter de l’argent sur le besoin en fonds de roulement, La durée est habituellement fixée sur la durée cl’ amortissement fiscale des biens financés.

An niveau du financement global, il faut noter que plusieurs sources de financement sont interactives.

Le fait d’obtenir un certain type de prêt permet de débloquer un emprunt bancaire et vice versa. De même, les banques demandes souvent des garanties. Il peut s’agir d’une hypothèque sur le bien, ou de la garantie d’un organisme officiel.

3 – Le PCE

Le Prêt à la Création d’Entreprise (PCE) qui est accordé par Oseo sans garantie ni caution personnelle, permet notamment de financer la constitution du fond de roulement ainsi que les frais liées au démarrage. Il peut aussi être accordé dans le cas d’une reprise de tout ou partie d’un fonds de commerce existant. Il s’adresse à toutes les entreprises en phase de création dont le numéro de Siren a été attribué et n’ayant pas encore bénéficié d’un prêt bancaire égal ou supérieur à deux ans. Il doit obligatoirement être lié à un emprunt bancaire dont le montant est au minimum égal à deux fois celui du PCE.

C’est Oseo qui est à l’origine de ce type de financement. Le montant est de 2 000 à 7 000 euros et les organismes qui les gèrent sont les banques ou les réseaux agréés tels France Initiative. La durée est de cinq ans, et le taux identique à celui du prêt bancaire, Le remboursement ne commence qu’à partir du sixième mois. Les programmes ne doivent pas excéder 43 000 euros.

Il permet de financer la trésorerie de départ, les investissements immatériels et les aléas de démarrage. Depuis peu, des critères moins stricts ont été mis en place dans les Zones Urbaines Sensibles, ainsi qu’en Martinique, Guadeloupe, Réunion et Guyane.

4 – Le dispositif Nacre

Ce dispositif d’aide à la création ou reprise d’entreprise est effectif depuis le 1 janvier 2009. Créé il y a deux ans, son objectif de multiplier par trois le nombre de chômeurs créant leur entreprise et de les aider à pérenniser leur activité. Élaboré en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations, Nacre a remplacé deux types d’aide il la création d’entreprise : Eden et les chéquiers conseils.

Les futurs créateurs peuvent ainsi bénéficier d’un prêt d’honneur à taux zéro baptisé « Autonomie » couplé à une garantie publique des prêts bancaires et un accompagnement obligatoire durant les trois premières années par des structures labellisées. Ce dernier point doit permettre de faire passer le nombre de défaillances de 36% à 20%.

L’obtention s’effectue en trois fois avec des séances avant la création sous forme de séances individuelles et collectives afin de faire avancer le projet jusqu’à la réalisation du business plan. Cette étape dure quatre mois maximum. Ensuite, vient le moment du financement pour le prêt d’honneur à taux zéro pour un montant qui va de 1 000 à 10 000 euros.

La dernière étape est l’accompagnement sur trois ans. Des ateliers et séances de conseil sont prévus. Les personnes susceptibles d’être aidées sont les mêmes que les ayant-droits de l’Accre.

5 – Les prêts d’honneur

Ils viennent en complément de l’apport personnel ; ce sont des possibilités offertes par des structures telles que les clubs de créateurs d’entreprise, boutiques de gestion, organismes divers au niveau du département ou de la région. Il s’agit de prêts à taux zéro ou à taux réduit. Il s’agit d’un simple coup de pouce équivalent à un prêt personnel, qui n’est pas fait au nom de l’entreprise.

Les prêts solidaires du type de l’Adie se rapprochent de ce type de fonctionnement. Les critères divergent quelque peu en fonction des différents organismes. Ceux-ci ont des cibles privilégiées : il peut s’agir de micro-projets facilitant la réinsertion, de projets en milieu rural, à vocation sociale ou écologique etc.

Le montant varie entre 3 000 et 15 000 euros, parfois plus dans les domaines technologiques ou innovants.

L’arrivée des banques en ligne Il ne faut pas non plus négliger les banques en ligne qui ont souvent des taux plus intéressants que les banques physiques.

6 – Les prises de participation

Les prises de participation peuvent se faire dès le début ou au cours de la vie de la société. L’entourage peut bien entendu être sollicité et détenir des parts permettant une déduction fiscale. Mais des organismes spécialisés existent aussi :

  • Les Cigales

Ou club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire. Les montants de participation sont modestes et ne concernent que certains types d’activités. Ces associations régionales mobilisent l’épargne de leurs membres pour aider les petites entreprises locales et collectives du type Sarl, Scop, Scic, associations. Leur principe est de favoriser l’économie de proximité, selon des principes qui sont du ressort de l’épargne éthique et solidaire.

  • Love Money pour l’Emploi

Cette association loi 1901 permet aux PME non cotées de rechercher des actionnaires pour assurer leur développement et rencontrer des particuliers à la recherche d’opportunités d’investissement dans des sociétés à fort potentiel de développement et de création d’emplois. Il s’agit donc d’un espace d’échanges fonctionnant comme un intermédiaire facilitateur.

  • Les business angels

Il existe presque une centaine de réseaux de business angels en France. La définition de « l’ange » : une personne physique qui investit une part de son patrimoine dans une entreprise innovante à potentiel et qui en plus de son argent, met gratuitement à disposition de l’entrepreneur, ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels et une partie de son temps (définition France Angels).

Les réseaux sont généralement contactés une fois que l’entrepreneur a fait le tour de ce que l’on nomme le Love Money (les apports des proches), des prêts bancaires et soutiens publics et avant l’intervention éventuelle du capital risque. Ils se spécialisent dans les entreprises innovantes et prennent la forme de réseaux associatifs pour la plupart, certains étant des sociétés d’investissement ou de simples clubs.

Les montants investis peuvent être très importants si le potentiel est estimé comme étant intéressant. L’objectif est bien entendu d’aider la société à se développer et de réaliser si possible une plus-value à terme.

  • Les BGE

Les anciennes boutiques de gestion sont devenues « ensemble pour aGir et Entreprendre ». Ce réseau national indépendant appuie les entreprises grâce à ses 430 implantations locales. Des journées ouvertes sont organisées comme en 2010 où le thème portait sur les auto-entrepreneurs. BGE insiste sur les différents métiers dont elle a la charge : détecter et faire émerger les projets, orienter les entrepreneurs en les aidant à clarifier et valider leurs projets, structurer la démarche, tester le projet en grandeur réelle jusqu’au démarrage, faciliter les lancements et financements, pérenniser et développer.

  • Les leveurs de fonds du type capital risque

Cette éventualité est réservée aux créateurs qui ne parviennent pas à rassembler tous les fonds nécessaires. Il faut cependant prendre en compte le coût que cela va signifier, car le leveur de fonds classique est généralement rémunéré via un pourcentage sur les fonds levés. Un pourcentage qui se monte normalement à 5%. Une façon de parvenir plus rapidement à son objectif.

Il faut savoir que tous les réseaux privés sont bien entendu sélectifs et qu’ils refusent de nombreux dossiers. On y retrouve des entreprises telles que Chausson Finance ou Leonardo. Ce sont des investisseurs professionnels qui prennent des participations minoritaires et temporaires dans le capital d’entreprises naissantes ou très jeunes. Il arrive fréquemment que ces investisseurs occupent une fonction dans l’entreprise.

L’intervention du capital risque est de ce fait ponctuelle et limitée dans le temps ; la sortie se faisant par le rachat des titres à un prix convenu. D’autres solutions sont aussi possibles telles que l’introduction en Bourse ou la revente à un groupe industriel ou financier.

7 – Le crédit bail

Ce crédit permet de financer à 100% un bien professionnel. Il s’agit légalement d’une location assortie de la possibilité de devenir propriétaire du bien loué en fin de contrat pour un prix fixé d’avance. Une sorte de leasing en quelque sorte. Une somme est versée au départ qui sert de dépôt de garantie.

Cela signifie que globalement, ce financement est évidemment assez onéreux par rapport à un achat simple. Il présente cependant des avantages. En premier lieu, il permet de bénéficier d’un matériel que l’on n’aurait peut-être pas la possibilité d’acquérir sans cette solution. Dans la même veine, il évite le problème de la récupération de la TVA payée sur les investissements de départ. Pendant toute la durée de la location, le bien n’est pas inscrit au bilan de l’entreprise, les crédit-bailleurs restant propriétaires du bien.

8 – Les garanties

Différentes garanties sont possibles assorties avec les dispositifs divers tels que ceux proposés par Oseo ou Nacre. France Active et le Fonds de garantie spécifique pour les Femmes propose tous deux des garanties :

  • France Active ; Montant : 30 500 euros Durée : 5 ans maximum Coût : 2% du montant garanti
  • FGIF pour les femmes ; Montant : 27 500 euros Durée : Entre 2 et 7 ans maximum Coût : 2,5% du montant garanti.

Une bonne solution à condition de présenter un dossier argumenté avec tous les tableaux financiers et qui donne aussi lieu à un suivi post création.

9 – Les concours

Les concours sont ouverts aux créateurs souvent en fonction de certains critères : femmes, jeunes, innovation. Le fait d’être lauréat de l’un de ces concours, même si la somme est encore modique, permet de crédibiliser sa demande de prêt bancaire. Il en existe de très nombreux, que ce soit au niveau national ou régional.

Parmi ceux-ci, on retrouve Cré’Acc, qui est un concours sur Internet et récompense des créateurs n’ayant pas encore immatriculé leur entreprise ou l’ayant fait depuis moins de six mois. Le BGE organise aussi des concours : Concours Talents et Talents des Cités. Les Chambres de commerce ont également parfois recours à ce type de promotions.

Il convient en fait de choisir un ou plusieurs concours en fonction d’un thème particulier. Pour choisir, il convient de se renseigner sur les règlements en détail, bien préparer le dossier sans hésiter à rajouter certains éléments si nécessaire. Les qualités personnelles sont importantes notamment pendant la présentation orale. Si les dotations sont modiques, il s’agit d’un coup de pouce intéressant qui se traduit par exemple par des dons en matériels, des formations, des publicités gratuites, une médiatisation dans la presse. Sans oublier que l’on peut ainsi rencontrer d’autres chefs d’entreprise.

10 – Les aides & subventions

Il existe plusieurs dispositifs dont les plus connus sont Accre au niveau de l’État. La plupart sont sous la forme d’exonérations de charges et cotisations diverses.

Quelques exemples de concours en 2011 Concours de création d’entreprises de biotechnologies environnementales, la 13e édition du concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, Concours Diversitelles Business Awards, Prix de l’Entrepreneuse, etc.

Accre est disponible pour les chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise et permet une exonération de charges sociales pendant un an : cotisations assurance maladie, maternité, invalidité, décès, accidents du travail, vieillesse et veuvage. Cela dure un an, mais il est possible de renouveler pendant une seconde année lorsqu’il s’agit d’une micro-entreprise.

Pour bénéficier de ce dispositif, il faut avoir été au chômage pendant un minimum de six mois au cours des 18 derniers mois, demandeurs d’emploi indemnisés ou non (inscrits dans ce cas depuis 6 mois au moins), les bénéficiaires des minimums sociaux, les jeunes de moins de 26 ans (ou de moins de 30 ans pour les chômeurs non indemnisés et ceux reconnus handicapés), les salariés qui reprennent leur entreprise en redressement ou liquidation judiciaire, les titulaires d’un Contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape, conclu notamment avec des couveuses d’entrepreneurs à l’essai et parfois des coopératives d’activités et d’emploi), ainsi que les personnes qui créent leur entreprise en zone urbaine sensible (ZUS).

C’est la Direction départementale du travail qui gère les dossiers. Attention avec les exonérations : il arrive un jour où les cotisations et les charges devront être payées.

D’autres aides existent également, comme la prime de retour à l’emploi de 1 000 euros. Le Pôle Emploi est l’interlocuteur à privilégier pour obtenir les principaux renseignements.

Réduction ISF sociétés non cotées dans une limite annuelle de 50 000 euros à condition que l’investisseur garde les titres de la société pendant une durée minimale de cinq ans. Mais attention, les avantages « Impôt sur le revenu » ne sont pas cumulables avec l’avantage ISF.

Le fameux « effet de levier »

La plupart de ces aides agissent comme un effet de levier vis-àvis des organismes de crédit. En effet, le fait d’avoir obtenu un prêt d’honneur, d’avoir gagné un concours permet de valider le projet par rapport à son banquier. Pour ce qui est des garanties, il faut parfois expliquer à certains conseillers combien cela est important pour les rassurer dans le fait qu’ils font un bon placement en investissant dans une société toute neuve.

Trouver des financements est aussi un travail à part entière pour l’entrepreneur. Cela prend du temps, provoque du stress et est la condition sine qua non au début de l’aventure de la création d’entreprise. Si de nombreux réseaux et aides existent un peu partout, c’est bel et bien l’entrepreneur qui doit entreprendre toutes les démarches, et être suffisamment convaincant pour mener à bien cette tâche.

Enfin, si vous décidez de vous installer dans une zone urbaine sensible, zone franche, de revitalisation rurale, des dispositifs supplémentaires existent.

Zoom sur Oseo
Oseo exerce trois métiers : en fonds propres, Des solutions pour la création, l’innovation, le développement, l’international ou la reprise-transmission.

En ce qui concerne la création, il s’agit d’aides directes à l’innovation qui permettent de partager les risques en matière de recherche et développement, ainsi que de favoriser l’accès au financement en fonds propres :

  • Aide à la création d’entreprise innovante,
  • Aide pour le développement de l’innovation,
  • Aide au transfert de technologies,
  • Prêt participatif d’amorçage.

En ce qui concerne les financements bancaires :

  • Constitution pour le PCE,
  • Garantie création,
  • Contrat de développement création
  • Biotech Garantie pour les biotechnologies,
  • Garantie de caution pour produits innovants,
  • Financement des créances professionnelles Avance + (avance de trésorerie).

Mais aussi des services :

  • Qualification entreprise innovante pour bénéficier des capitaux FCPI,
  • Mise en relation personnalisée via le Pacte PME.

Pour en savoir plus : www.oseo.fr