Création d’entreprises en France : Bilan 2011 et horizon 2012

Création d'entreprises en France : Bilan 2011 et prévisions 2012Le bilan est paradoxal : crise à tous les coins de rue … sans impact criant sur le terrain des créations et défaillances d’entreprise. Bien sûr, on observe, sur douze mois glissants, de novembre 2010 à novembre 2011, une baisse du nombre de créations de 17 %. Mais ce sont quelque 583470 entreprises qui ont été créées, soit, rapporté au nombre total d’entreprises, un taux de création de 7,4 %. Cette baisse du nombre de créations doit d’ailleurs être relativisée car la comparaison avec les chiffres de l’année N -1 se fait sur 2010, qui était une année record, boostée par l’engouement pour le statut d’auto-entrepreneur qui représentait alors plus de la moitié des créations. En 2011, le succès de ce statut a diminué: les créations d’entreprises individuelles – majoritairement des auto-entreprises ont baissé de plus de 20 %.

Si l’on observe une baisse des créations d’environ 10 à 20 % à l’échelon départemental, la diminution du nombre de créations de sociétés commerciales (SA, SARL, SAS … ) n’est elle que de 4 %. Sauf pour quelques activités impactées par des décisions publiques telles que le photovoltaïque dans le secteur de l’énergie (- 65 % de créations sur les douze derniers mois après une explosion en 2009). Parmi les secteurs les plus dynamiques, on note toujours les services aux entreprises 0-8 % des créations, le RTF (17,6 %), les services aux particuliers (13 %).

  • Des défaillances en baisse

Sur la même période, 59 578 entreprises seulement ont déposé le bilan (redressements et liquidations judiciaires), concrétisant ainsi un taux de défaillances de 0,8 % et une baisse – surprise ! – du nombre de défaillances de 2,5 % par rapport a 2010.
Si l’année 2012 s’annonce d’ores et déjà difficile, en revanche le bilan 2011 apparaît finalement moins sombre que d’aucuns le craignaient.

« Ce sont des chiffres à commenter avec prudence, mais indéniablement, le constat aujourd’hui n’est pas aussi catastrophique qu’on le dit », reconnaît Romain Boldi, responsable du pôle des études statistiques et économiques de Coface Services. Selon lui, le côté positif à retenir de ces chiffres est indéniablement la baisse des défaillances, qui atteint même 3 % en fin d’année. « Nous avons évidemment enregistré de grosses défaillances comme celles de Mory Team et de Photowatt, la liquidation judiciaire de Comareg et plus récemment celle de SeaFrance, mais finalement les entreprises touchées ont été moins nombreuses que l’on pouvait le craindre, vu le ralentissement économique qui s~vit depuis cet été, insiste Romain Boldi. En tout cas, rien à voir avec l’effondrement enregistré après la crise de 2008 ! Les défaillances avaient alors augmenté de 14 %. »

  • 2012, année charnière

Si l’Observatoire de Coface Services ne constate pas encore d’impact direct de la crise sur les défaillances à fin 2011, Romain Boldi exprime néanmoins une inquiétude sur ce qui peut survenir dans les prochains mois avec la tension grandissante enregistrée sur le marché du crédit aux entreprises et ses conséquences inévitables sur leurtrésorerie, « Pour l’instant, on ne voit encore lien de, probant sur le terrain mais on reste très attentif aux enquêtes de la Banque de France et de l’Insee », rappelle-t-il.

Au final, le paysage en 2011 a été moins impacté par la crise que le discours ambiant ne le laissait supposer. Sans surprise, notre palmarès montre une sur-représentation de Paris et de l’Ile-de-France concernant la création d’entreprise (sept départements sur les vingt premiers).

A cet égard, le bon score enregistré par la Seine-Saint-Denis est à mettre sans doute en corrélation avec son nombre élevé de demandeurs d’emploi quand on sait.qu’un tiers des nouvelles entreprises sont le fait de chômeurs qui créent leur emploi.